Combien de fois t’es-tu dit : “Ce soir, je prends enfin du temps pour moi.” Et puis finalement… Une lessive, deux mails, trois choses à ranger, un appel à passer. Et la journée se termine sans que ce moment n’arrive jamais. Pourtant, ce n’est pas forcément une question d’organisation. Parce qu’au fond, si prendre du temps pour soi était aussi simple, nous le ferions toutes depuis longtemps.
1. Pourquoi prendre du temps pour soi peut sembler difficile ?
Dans notre culture, la valeur est largement associée à la productivité. En psychologie du travail, on observe que l’identité se construit souvent autour de l’utilité : être efficace, disponible, performant.
Résultat : quand tu ne produis rien… tu peux avoir l’impression de ne “pas exister pleinement”. Prendre du temps pour soi devient alors étrange. Presque inconfortable. Et c’est là que ça devient subtil : ne rien faire, ou faire quelque chose “juste pour soi”, peut venir toucher directement l’estime de soi.
2. Pourquoi la culpabilité apparaît quand on prend du temps pour soi
Beaucoup de personnes ne prennent conscience qu’elles s’arrêtent… que lorsqu’elles culpabilisent. Comme si la culpabilité venait valider : “ok, là tu fais quelque chose pour toi”. En psychologie, cette tension est bien connue : le conflit entre besoins personnels et attentes internes (souvent héritées de normes sociales ou familiales).
Résultat : le repos n’est plus un droit. C’est une transgression.
3. Pourquoi nous repoussons toujours ce moment pour nous
Ça peut paraître paradoxal… mais ralentir peut être inconfortable. Quand on s’arrête, il n’y a plus de distraction. Et ce qui est en arrière-plan peut remonter : fatigue, émotions, questionnements. Certains travaux en psychologie montrent que l’hyperactivité peut aussi être une stratégie d’évitement. Donc non, ce n’est pas juste “tu n’y penses pas”. Parfois, tu préfères inconsciemment ne pas t’arrêter.
4. Pourquoi attendre le “bon moment” (qui n’arrive jamais)v ?
Je me reconnais beaucoup dans ce mécanisme. Pendant longtemps, je me suis dit que je prendrais du temps pour moi “quand ce serait plus calme”. Sauf qu’entre le travail, les enfants, la maison et tous les projets qui me tiennent à cœur, ce moment n’arrivait jamais. J’attendais une période plus légère. Une période qui n’existait pas.
Ce mécanisme est très fréquent. Nous avons tendance à imaginer que certaines choses seront plus faciles plus tard : quand nous aurons moins de travail, plus d’énergie ou davantage de disponibilité.
Pourtant, la vie remplit très vite les espaces qui se libèrent.
Une tâche terminée est remplacée par une autre. Une période chargée laisse place à une nouvelle responsabilité.
Résultat : prendre du temps pour soi reste important… mais jamais urgent. Et ce qui n’est jamais urgent finit souvent par ne jamais arriver.
5. Pourquoi attendre que l’on nous donne l’autorisation ?
C’est peut-être le point le plus important. Beaucoup de personnes, notamment les femmes, attendent inconsciemment une validation extérieure : que quelqu’un nous dise que c’est ok, que tout soit “en ordre”, qu’on l’ a bien “mérité”. Mais en réalité, cette autorisation… personne ne va te la donner. Et tant qu’elle n’est pas prise, le temps pour soi reste en attente. Ce phénomène fait écho aux travaux de Donald Winnicott sur l’importance d’un espace à soi pour exister psychiquement.
Ce que ça raconte vraiment
Ne pas prendre de temps pour soi, ce n’est pas un oubli. C’est souvent le signe que :
- tu passes après
- tu t’adaptes beaucoup
- tu t’es habitué(e) à fonctionner sans cet espace
Et avec le temps… ça devient normal.
Et pourtant c’est loin d’être un petit détail ! Prendre du temps pour soi, ce n’est pas du confort. C’est un acte psychique fondamental. C’est un moment où :
- tu redeviens sujet (et pas seulement fonction)
- tu écoutes ce qui se passe en toi
- tu te reconnais comme quelqu’un qui compte
Sans ça, quelque chose s’érode. Lentement. Peut-être que ça ne “doit” pas venir. Peut-être que ce moment ne va pas apparaître tout seul. Peut-être qu’il ne viendra jamais si tu l’attends. Peut-être que c’est un choix. Un acte que tu dois faire. Quelque chose que tu décides — même si ce n’est pas le bon moment.
6. Comment recommencer à prendre du temps pour soi ?
Voici quelques idées pour te donner des pistes de réflexions :
- Commencer petit : Dix minutes suffisent pour se lancer.
- Choisir une activité qui procure réellement du plaisir : lecture, promenade, créativité, jardinage…
- Prévoir ce moment comme un rendez-vous important.
- Accepter que la culpabilité puisse être présente au début sans la laisser décider à votre place.
- Répéter ! Car prendre du temps pour soi n’est pas un événement exceptionnel, mais une habitude qui se construit.
On parle beaucoup de prendre du temps pour soi. Mais on parle moins de ce que ça signifie vraiment. Parce que dans le fond, ça veut surtout dire “je compte aussi”. Pas quand tout sera terminé. Pas quand il restera du temps. Maintenant !
C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai créé Hello Kit. Non pas pour occuper davantage nos journées, mais pour offrir un prétexte à ralentir. Un moment où l’on peut simplement créer avec ses mains, sans objectif de performance, juste pour le plaisir d’exister autrement que dans le “faire”.
Tendrement,
Carole <3
2. Observer les formes de la nature
Les nervures d’une feuille, la forme d’un pétale, la courbe d’une branche… La nature est pleine de motifs fascinants. Parfois je prends simplement un carnet et j’essaie de reproduire ces formes. Pas pour faire quelque chose de parfait. Juste pour observer autrement.


